Hôpital : Sarkozy/Bachelot dans le bourbier des heures supplémentaires
Hôpital : Sarkozy/Bachelot dans le bourbier des heures supplémentairesHebdomadaire "Rouge", semaine du 17 janvier 2008
« Travailler plus pour gagner plus », le slogan sarkozyste devient un
véritable casse-tête, pour le gouvernement, quand il s’agit de l’appliquer
aux hôpitaux. La grève des médecins hospitaliers vient une nouvelle fois de
placer cette question sous les feux de l’actualité, elle sera également
présente lors de la journée de grève du 24 janvier.
Médecins et personnels hospitaliers cumulent en effet depuis plusieurs
années un nombre astronomique d’heures supplémentaires, pour une somme
évaluée à 2 milliards d’euros, qui ne peuvent leur être ni accordées (faute
de personnel suffisant) ni payées (faute de crédits). Elles viennent gonfler
les « comptes épargne temps ».
Depuis des années, les budgets des hôpitaux ne permettent plus de financer
la simple reconduction des effectifs en poste. Parallèlement la charge de
travail ne cesse de s’accroître.
L’hôpital doit accueillir et soigner les patients 24h/24 365 jours par an.
Il fonctionne aujourd’hui à « flux tendu ».
Il devient habituel que les personnels censés avoir terminer leur service,
soient contraints de le prolonger, les soins n’étant pas terminés. Ce temps
n’est en général pas reconnu, les agents étant accusés de « mal s’rganiser ».
La moindre absence oblige à supprimer des repos ou des congés, qui ne
peuvent ensuite être accordés…faute de personnel.
Il faut ajouter aux problèmes budgétaires la pénurie organisée de médecins
et d’infirmières.
Cette situation existait déjà avant la mise en place des 35 heures en 2002.
A l’époque les fédérations syndicales estimaient à 40 000 le nombre de
postes manquants.
Les 35 heures auraient du donner lieu à la création de 120 000 emplois
supplémentaires et à leur financement pour compenser la RTT. Ce ne fut pas
le cas.
Depuis, avec le plan hôpital 2007, et le blocage des budgets en dessous de
la « reconduction des moyens » la situation budgétaire des établissements n’a
cessé de se dégrader. 60 % des hôpitaux (dont les plus importants) sont
aujourd’hui en déficit, et le personnel (+ de 70% des dépenses
hospitalières) devient pour les directions la seule « variable d’justement ».
Les établissements sont en conséquence dans l’impossibilité de payer les 2
milliards d’€ d’heures supplémentaires accumulées. Les personnels
hospitaliers doivent donc en permanence « travailler plus » mais sans «
gagner plus » en faisant crédit à leur employeur de ce travail
supplémentaire.
Les « négociations » ouvertes par R. Bachelot avec une enveloppe annoncée de
672,5 millions ne permettront pas de régler le problème.
Cette somme dérisoire relève d’un effet d’annonce plus que d’une réalité.
La moitié de ces crédits, provisionnés pour financer les comptes épargne
temps, n’existent plus dans bon nombre d’établissements : ils ont déjà été
utilisés pour réduire le déficit.
Dans la réalité il ne reste donc une enveloppe de 348,5 millions d'euros du
fonds pour
l'emploi hospitalier de la Caisse des dépôts et consignations, une goutte d’eau
dans la mer !
Enfin, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les heures
supplémentaires imposées vont continuer à augmenter du fait de la pénurie.
Le pouvoir ne se trouve pas pour autant dans une situation sans issue. Il
peut au contraire utiliser la crise pour accélérer une
restructuration/privatisation du systéme hospitalier, en fermant massivement
services et établissements (ce que Sarkozy appelle « redéfinir les missions
de l’hôpital »). L’Hôpital Public serait ramené un rôle d’assistance « aux
plus démunis », les soins de qualité étant réservés à ceux qui pourraient
payer…dans le secteur privé.
Le Dr P. Pelloux au nom des médecins urgentistes a donc raison d’affirmer la
nécessité d’un « mouvement d’ensemble » des hôpitaux. Il faut
malheureusement compter avec l’extraordinaires inertie des fédérations
syndicales des personnels hospitaliers, qui malgré la très forte
participations aux grèves du 18 octobre et du 20 novembre ont déployé toute
leur énergie à ne leur donner aucune suite.
C’est cet obstacle qu’il appartient aujourd’hui aux équipes syndicales
combattives de lever. Il y a urgence !
J.C. Delavigne 13/01/2008
« Travailler plus pour gagner plus », le slogan sarkozyste devient un
véritable casse-tête, pour le gouvernement, quand il s’agit de l’appliquer
aux hôpitaux. La grève des médecins hospitaliers vient une nouvelle fois de
placer cette question sous les feux de l’actualité, elle sera également
présente lors de la journée de grève du 24 janvier.
Médecins et personnels hospitaliers cumulent en effet depuis plusieurs
années un nombre astronomique d’heures supplémentaires, pour une somme
évaluée à 2 milliards d’euros, qui ne peuvent leur être ni accordées (faute
de personnel suffisant) ni payées (faute de crédits). Elles viennent gonfler
les « comptes épargne temps ».
Depuis des années, les budgets des hôpitaux ne permettent plus de financer
la simple reconduction des effectifs en poste. Parallèlement la charge de
travail ne cesse de s’accroître.
L’hôpital doit accueillir et soigner les patients 24h/24 365 jours par an.
Il fonctionne aujourd’hui à « flux tendu ».
Il devient habituel que les personnels censés avoir terminer leur service,
soient contraints de le prolonger, les soins n’étant pas terminés. Ce temps
n’est en général pas reconnu, les agents étant accusés de « mal s’rganiser ».
La moindre absence oblige à supprimer des repos ou des congés, qui ne
peuvent ensuite être accordés…faute de personnel.
Il faut ajouter aux problèmes budgétaires la pénurie organisée de médecins
et d’infirmières.
Cette situation existait déjà avant la mise en place des 35 heures en 2002.
A l’époque les fédérations syndicales estimaient à 40 000 le nombre de
postes manquants.
Les 35 heures auraient du donner lieu à la création de 120 000 emplois
supplémentaires et à leur financement pour compenser la RTT. Ce ne fut pas
le cas.
Depuis, avec le plan hôpital 2007, et le blocage des budgets en dessous de
la « reconduction des moyens » la situation budgétaire des établissements n’a
cessé de se dégrader. 60 % des hôpitaux (dont les plus importants) sont
aujourd’hui en déficit, et le personnel (+ de 70% des dépenses
hospitalières) devient pour les directions la seule « variable d’justement ».
Les établissements sont en conséquence dans l’impossibilité de payer les 2
milliards d’€ d’heures supplémentaires accumulées. Les personnels
hospitaliers doivent donc en permanence « travailler plus » mais sans «
gagner plus » en faisant crédit à leur employeur de ce travail
supplémentaire.
Les « négociations » ouvertes par R. Bachelot avec une enveloppe annoncée de
672,5 millions ne permettront pas de régler le problème.
Cette somme dérisoire relève d’un effet d’annonce plus que d’une réalité.
La moitié de ces crédits, provisionnés pour financer les comptes épargne
temps, n’existent plus dans bon nombre d’établissements : ils ont déjà été
utilisés pour réduire le déficit.
Dans la réalité il ne reste donc une enveloppe de 348,5 millions d'euros du
fonds pour
l'emploi hospitalier de la Caisse des dépôts et consignations, une goutte d’eau
dans la mer !
Enfin, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les heures
supplémentaires imposées vont continuer à augmenter du fait de la pénurie.
Le pouvoir ne se trouve pas pour autant dans une situation sans issue. Il
peut au contraire utiliser la crise pour accélérer une
restructuration/
services et établissements (ce que Sarkozy appelle « redéfinir les missions
de l’hôpital »). L’Hôpital Public serait ramené un rôle d’assistance « aux
plus démunis », les soins de qualité étant réservés à ceux qui pourraient
payer…dans le secteur privé.
Le Dr P. Pelloux au nom des médecins urgentistes a donc raison d’affirmer la
nécessité d’un « mouvement d’ensemble » des hôpitaux. Il faut
malheureusement compter avec l’extraordinaires inertie des fédérations
syndicales des personnels hospitaliers, qui malgré la très forte
participations aux grèves du 18 octobre et du 20 novembre ont déployé toute
leur énergie à ne leur donner aucune suite.
C’est cet obstacle qu’il appartient aujourd’hui aux équipes syndicales
combattives de lever. Il y a urgence !
J.C. Delavigne 13/01/2008


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