Les cliniques privées appelées à participer au service public

HÔPITAL DES PROPOSITIONS DE RÉFORME SERONT REMISES À M. SARKOZY AU PRINTEMPS
2008

Les cliniques privées appelées à participer au service public

Avant de rendre ses propositions à Nicolas Sarkozy, au printemps 2008,
la commission a rendu public, vendredi 21 décembre, un premier état de ses
réflexions : " Il s'agit de repenser le service public hospitalier dans son
ensemble, a expliqué M. Larcher. Les établissements privés, qui sont
financés par des fonds publics, comme les hôpitaux, doivent pouvoir rendre
des comptes à la collectivité, notamment en termes d'accès aux soins. "

Ancien président de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui
regroupe tous les hôpitaux publics, M. Larcher a d'abord souligné
l'insuffisance de liens entre la médecine de ville et l'hôpital,
préjudiciable à la prise en charge des patients. Les personnes âgées se
retrouvent ainsi trop souvent à l'hôpital, faute d'une bonne organisation
des soins de ville, alors même que l'hôpital n'est pas organisé pour les
accueillir. Les malades chroniques (diabète, insuffisance rénale...) font
eux aussi les frais de cette mauvaise articulation, tout comme les malades
psychiatriques, trop souvent hospitalisés faute d'une prise en charge
efficiente en ambulatoire.

La commission s'interroge par ailleurs sur les moyens de faire face à
la baisse des vocations en médecine générale, particulièrement en milieu
rural et dans les quartiers urbains en difficulté. " Il faut offrir aux
nouvelles générations de médecins, qui comptent beaucoup de femmes, des
conditions de travail satisfaisantes, avec des plateaux techniques corrects,
non loin d'hôpitaux de proximité ", a plaidé M. Larcher.

Mais c'est surtout sur l'articulation entre hôpitaux publics et
cliniques privées que la commission réfléchit. Les hôpitaux estiment que
leurs contraintes juridiques ne leur permettent pas de faire face à la
concurrence accrue des cliniques, qui se sont restructurées sous l'effet de
concentrations successives. La commission Larcher pourrait proposer un
assouplissement des règles de marchés publics propres au service public. "
Il faut redéfinir le statut et le rôle des cliniques privées, a affirmé M.
Larcher. On parle de convergence des tarifs, il doit y avoir aussi
convergence des contraintes. "

Le rachat de cliniques par des fonds d'investissement internationaux a
pour conséquence de " privilégier une offre de soins à rentabilité immédiate
", dénonce la commission. En matière d'accès aux soins, les inégalités
financières se creusent. " Il y a des territoires où le secteur 1 -
conventionné, sans dépassement d'honoraires - , a disparu, s'inquiète M.
Larcher. Certaines personnes s'endettent pour se soigner. Ce n'est pas notre
conception du service public. "

Enfin, des moyens devront être trouvés pour endiguer la désaffection
des médecins pour l'hôpital public. Certaines spécialités, comme la
chirurgie ou la radiologie, se détournent massivement de l'hôpital, où les
salaires sont jusqu'à quatre fois moins importants que dans le privé. M.
Larcher plaide pour " une politique de rémunération incitative ".

Cécile Prieur
HÔPITAL DES PROPOSITIONS DE RÉFORME SERONT REMISES À M. SARKOZY AU PRINTEMPS
2008

Les cliniques privées appelées à participer au service public

Avant de rendre ses propositions à Nicolas Sarkozy, au printemps 2008,
la commission a rendu public, vendredi 21 décembre, un premier état de ses
réflexions : " Il s'agit de repenser le service public hospitalier dans son
ensemble, a expliqué M. Larcher. Les établissements privés, qui sont
financés par des fonds publics, comme les hôpitaux, doivent pouvoir rendre
des comptes à la collectivité, notamment en termes d'accès aux soins. "

Ancien président de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui
regroupe tous les hôpitaux publics, M. Larcher a d'abord souligné
l'insuffisance de liens entre la médecine de ville et l'hôpital,
préjudiciable à la prise en charge des patients. Les personnes âgées se
retrouvent ainsi trop souvent à l'hôpital, faute d'une bonne organisation
des soins de ville, alors même que l'hôpital n'est pas organisé pour les
accueillir. Les malades chroniques (diabète, insuffisance rénale...) font
eux aussi les frais de cette mauvaise articulation, tout comme les malades
psychiatriques, trop souvent hospitalisés faute d'une prise en charge
efficiente en ambulatoire.

La commission s'interroge par ailleurs sur les moyens de faire face à
la baisse des vocations en médecine générale, particulièrement en milieu
rural et dans les quartiers urbains en difficulté. " Il faut offrir aux
nouvelles générations de médecins, qui comptent beaucoup de femmes, des
conditions de travail satisfaisantes, avec des plateaux techniques corrects,
non loin d'hôpitaux de proximité ", a plaidé M. Larcher.

Mais c'est surtout sur l'articulation entre hôpitaux publics et
cliniques privées que la commission réfléchit. Les hôpitaux estiment que
leurs contraintes juridiques ne leur permettent pas de faire face à la
concurrence accrue des cliniques, qui se sont restructurées sous l'effet de
concentrations successives. La commission Larcher pourrait proposer un
assouplissement des règles de marchés publics propres au service public. "
Il faut redéfinir le statut et le rôle des cliniques privées, a affirmé M.
Larcher. On parle de convergence des tarifs, il doit y avoir aussi
convergence des contraintes. "

Le rachat de cliniques par des fonds d'investissement internationaux a
pour conséquence de " privilégier une offre de soins à rentabilité immédiate
", dénonce la commission. En matière d'accès aux soins, les inégalités
financières se creusent. " Il y a des territoires où le secteur 1 -
conventionné, sans dépassement d'honoraires - , a disparu, s'inquiète M.
Larcher. Certaines personnes s'endettent pour se soigner. Ce n'est pas notre
conception du service public. "

Enfin, des moyens devront être trouvés pour endiguer la désaffection
des médecins pour l'hôpital public. Certaines spécialités, comme la
chirurgie ou la radiologie, se détournent massivement de l'hôpital, où les
salaires sont jusqu'à quatre fois moins importants que dans le privé. M.
Larcher plaide pour " une politique de rémunération incitative ".

Cécile Prieur




Article ajouté le 2007-12-26 , consulté 134 fois

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