La Fédération Hospitalière de France sonne le tocsin.
L'hôpital en « faillite » ?
Claude Evin, président
Gérard Vincent, délégué général
28/09/2007
C'est avec une certaine lassitude que la Fédération hospitalière de France va - cette année encore - jouer les Cassandre pour dénoncer une dégradation prévisible des finances hospitalières publiques.
La FHF déplore une fois de plus l'attitude des pouvoirs publics qui refusent de prendre en compte l'évidence des faits : quand l'augmentation mécanique des besoins de financement des établissements, à effectifs constants, progresse de +4%, fixer un ONDAM hospitalier à +3,2% ne peut que se traduire par une aggravation des déficits.
La FHF rappelle à nouveau que le taux de progression qu'elle propose ne relève pas d'une quelconque prédiction aléatoire mais bien d'une analyse fine de l'évolution certaine des principaux postes de dépense (une note détaillée est disponible sur le site de la FHF : www.fhf.fr rubrique « gestion - finances »). Cette évolution découle pour l'essentiel des
mesures salariales décidées par l'Etat et de l'absence de volonté du Comité économique des produits de santé de maîtriser l'évolution des prix des médicaments innovants.
L'exécution budgétaire a d'ailleurs, chaque année, donné raison aux prévisions de la FHF.
Le système des reports de charges puis les reprises sur provisions ou fonds de roulement ont permis un temps de camoufler des situations déficitaires.
Ces techniques qui ont occulté l'ampleur du « trou » atteignent aujourd'hui leurs limites. Pour éviter de véritables « faillites », de nombreux établissements sont amenés à échafauder des plans de productivité irréalistes ou à limiter leur offre de soins.
Alors que l'enveloppe hospitalière est globalement respectée, alors que la communauté hospitalière s'apprête à relever le défi du passage à 100% de T2A en 2008. L'étau budgétaire ne cesse de se resserrer sur l'hôpital public étouffant petit à petit toutes les bonnes volontés.
Cette situation nous apparaît d'autant plus injuste que, comme l'a clairement mis en évidence la Cour des comptes, « les efforts de maîtrise ne s'imposent pas de manière identique aux deux secteurs d'établissements ». L'absence de transparence de la régulation de la T2A ainsi que des
transferts indus de crédits de l'hôpital public vers les cliniques commerciales ont contribué à décrédibiliser la gestion de ce mode de financement par les pouvoirs publics.
La FHF souhaite donc une réelle rupture pour sortir le financement de
l'hôpital de l'impasse dans laquelle il se trouve et pour redéfinir les conditions de mise en oeuvre d'un mode de financement à l'activité qui soit à la fois juste et efficace.


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