Budget: les CHU de plus en plus dans le rouge
SUJET : HOPITAL CHU DIRECTEURS CONFERENCE FINANCES T2ABudget des hôpitaux: les CHU de plus en plus dans le rouge
PARIS, 10 septembre 2007 (APM) - Le déficit cumulé des CHU, hors
AP-HP, pourrait atteindre 400 millions d'euros à la fin de l'exercice
2007, soit le double du montant prévu au printemps dernier, a-t-on
appris lundi auprès du président de la Conférence des directeurs
généraux de CHU, Paul Castel.
"L'ensemble des CHU sont en déficit, hormis l'Assistance
publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) qui atteindrait l'équilibre",
indique à l'APM Paul Castel.
Il précise que les 400 millions d'euros de déficit prévisionnel
attendus pour la fin 2007 ne tiennent pas compte des crédits mis en
réserve par les Agences régionales de l'hospitalisation (ARH) et
éventuellement le ministère de la santé.
Mais quoiqu'il en soit, la situation, qui se détériore d'année en
année, "nous préoccupe énormément" et risque de "mettre en péril
l'investissement", alerte le président de la Conférence.
Interrogé sur les raisons de cette aggravation, il avance plusieurs
raisons, certaines pesant sur les recettes, d'autres sur les dépenses.
L'une sur les recettes tient à un "tassement de l'activité, voire
une régression de l'hospitalisation conventionnelle". "Avec une
tarification à l'activité (T2A) à 50%, cette évolution a un impact
budgétaire très fort", souligne Paul Castel.
Les autres causes du déficit des CHU sont liées à l'incidence du
protocole sur la fonction publique sur les dépenses, évalué à plus de
80 millions d'euros. "Nous n'avons eu qu'un tiers des financements",
déplore le responsable, tout en précisant que la Direction de
l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos) a accepté
d'examiner la situation.
D'autres évolutions et séries de mesures pèsent aussi sur les
dépenses, comme les dépenses de médicaments.
Face à cette situation, la Conférence réclame que les tarifs
finançant l'activité de court séjour soient recalculés et revus à la
hausse pour tenir compte du fait que l'évolution de l'activité n'est
pas celle prévue.
"L'effet prix-volume doit jouer dans les deux sens", souligne son
président à cette occasion.
Elle souhaite aussi une plus grande "transparence et lisibilité"
dans les tarifs de la T2A et que certaines activités propres aux CHU
"fassent l'objet d'une attention particulière".
Son président rappelle par ailleurs que son instance est favorable à
une accélération de la montée en charge de la T2A, "à condition" que
des "assouplissements" soient apportés dans les procédures d'achat et
de recrutement des CHU, ou en matière d'intéressement.
"Le secteur privé nous fait une grande concurrence dans le
recrutement de médecins", explique-t-il à cet égard, en rappelant que
la Conférence a fait plusieurs propositions précises pour un
assouplissement du fonctionnement de l'hôpital lors des Assises des
CHU en janvier 2007 à Marseille.
"Nous ne voulons pas une privatisation de l'hôpital et l'abandon du
service public mais des outils de management similaires à ceux
utilisés par les établissements participant au service public
hospitalier (PSPH) qui nous permettent de faire face à cette
concurrence notamment", insiste Paul Castel.
La Conférence demande par ailleurs une "sanctuarisation" des
capacités d'investissement des CHU.


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