ANTONY, 2 décembre 2008 (APM) - Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé mardi un plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques, la construction de quatre unités pour malades difficiles (UMD) supplémentaires, d'unités fermées et de 200 chambres d'isolement.
En visite à l'établissement public de santé Erasme d'Antony (Hauts-de-Seine), Nicolas Sarkozy a également annoncé un projet de loi de réforme de l'hospitalisation d'office (HO), avec un rôle décisionnaire donné au préfet pour autoriser les sorties d'essai ou les sorties définitives d'une personne en HO et la possibilité de soins ambulatoires sous contrainte.
Le plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques est doté de 30 millions d'euros, afin de "mieux contrôler les entrées et les sorties des établissements et prévenir les fugues".
L'objectif est que, "quand un patient en HO sort du périmètre autorisé par son médecin, l'équipe soignante doit en être informée tout de suite".
Nicolas Sarkozy a demandé que certains patients hospitalisés sans leur consentement soient équipés d'un "dispositif de géolocalisation " qui "déclenchera une alerte" s'il sort de ce périmètre. Il a ajouté que cela se faisait déjà pour des patients en unité Alzheimer.
L'objectif est "de rassurer le personnel et d'alléger leur travail".
Le président de la République a souhaité qu'une unité fermée soit disponible "dans chaque établissement qui le nécessite" avec des systèmes de vidéosurveillance .
Il a également annoncé l'aménagement de 200 chambres d'isolement pour les patients pouvant avoir des accès de violence envers les personnels.
Pour renforcer le dispositif de prise en charge des malades les plus difficiles, quatre UMD de 40 lits chacune vont être ouvertes, pour un budget de 40 millions d'euros d'investissement et 22 millions d'euros de fonctionnement.
ROSELYNE BACHELOT CHARGEE DE PREPARER UN PROJET DE LOI
Le président de la République a également annoncé une "réforme sanitaire des procédures de HO", "pour que le drame de Grenoble ne se reproduise plus". Au vu de ses déclarations, il concernera l'ensemble des hospitalisations sous contrainte, HO et hospitalisation à la demande d'un tiers (HDT).
La ministre de la santé Roselyne Bachelot est chargée de préparer un projet de loi pour "trouver le bon équilibre entre tout angélique et tout sécuritaire" et "concilier qualité des soins et sécurité des personnes".
Il propose d'instaurer "une obligation de soins en psychiatrie" et notamment "des soins ambulatoires sans consentement".
Les sorties de patients en HO devront être "davantage encadrées", car "la décision de sortie ne doit pas être prise à la légère".
"Je réfléchis à un système où le préfet, représentant de l'Etat, décide de la sortie d'essai ou définitive sur la base d'un avis rendu par un collège de trois soignants: le psychiatre qui le suit, le cadre infirmier qui connaît la personne et ses habitudes et un psychiatre qui ne suit pas la personne", suggérant un psychiatre libéral.
Le préfet resterait libre de sa décision mais l'avis du collège lui permettra d'être informé.
Sans parler de constitution de fichier national des HO, Nicolas Sarkozy a indiqué que les informations administratives sur les HO devaient être " partagées entre tous les départements ", tout en respectant le secret médical.
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